COMPLICATIONS
EN THERAPIE MANUELLE
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Pour tout thérapeute se lançant dans des
traitements de thérapie manuelle, a fortiori avec impulsion, il est
utile de passer en revue les travaux rapportant des complications liées
à la pratique de ces techniques.
Divers travaux de Dvorak, Schmidt, Wolff, Lewitt,
Schneider, ont montré à
quel point l’anamnèse, l’existence d’un diagnostic d’exclusion,
le manque de connaissances cliniques (il faut insister sur ce point)
peuvent avoir d’influence sur l’apparition de complications.
Même si les complications sont rares, il faut en
tenir compte par rapport au choix des techniques avec/sans impulsion,
TNM etc.…
La littérature ne
rapporte, dans ce domaine, le plus souvent, que des descriptions
de cas.
Une étude rétrospective de Dvorak (1985), auprès
des membres de la SMSMM (Société Médicale Suisse de Médecine
Manuelle) a dénombré UNE complication légère sur 40.000
manipulations et une complication neurologique sérieuse sur 400.000
manipulations de la colonne cervicale.
Sur la base de ces résultats, la SMSMM a éliminé
toutes les techniques susceptibles d’amener des complications,
particulièrement au niveau des lésions de l’artère vertébrale.
On accorde une plus grande place aux mobilisations
sans impulsion et aux TNM. Elles ont une efficacité comparable aux
techniques avec impulsion et diminuent les risques. Surtout au niveau
cervical.
- COMPLICATIONS DES MANIPULATIONS CERVICALES
Dans les cas relatés, particulièrement une revue de
la littérature évoquant 126 cas de complications, on constate que la
majorité des cas cités concernent des femmes âgées de 30 à 45 ans.
Toutefois, en analysant différentes études, on ne peut pas parvenir à
la conclusion qu’un groupe est plus exposé qu’un autre.
Les accidents les plus fréquents ont pour conséquence
une lésion de la paroi de l’artère. Les symptômes apparaissent immédiatement
après la manipulation.
Ils peuvent être :
-
Vertiges
-
Pertes de connaissance
-
Troubles de la vue
-
Nausées, vomissements
-
Ataxie
-
Troubles de la sensibilité
-
Tinnitus
-
Dysphonie, Dysarthrie
-
Nystagmus
De tels symptômes peuvent régresser en quelques
minutes, heures ou jours.
Sont également évoqués quelques cas de syndromes
neurologiques comme des hémisyndromes, syndrome de Wallenberg ou des
« locked-in »- syndromes.
LES FACTEURS DE RISQUES SONT :
-
des vertiges
-
des signes d’ischémie de même que
-
l’évocation d’une athérosclérose.
Une récente enquête menée auprès de 680
praticiens de la SMSMM a donné, sur 425 questionnaires retournés, les
résultats suivants :
Total des manipulations : 342.125
Dont : 150.450 (colonne cervicale)
L’effet secondaire le plus fréquemment enregistré
est une sensation de vertiges après la manipulation cervicale. Durée :
quelques secondes à quelques minutes. Ceci chez :
236 patients soit 1 :637
14
patients soit 1 : 10746 ont brièvement perdu connaissance
2 patients soit 1 : 75225 ont perdu connaissance pendant
une période de 10 à 30’’ avec récupération complète.
6 patients soit 1 : 25075 ont signalé des pertes de
sensibilité transitoires dans les dermatomes C6 et C7.
Dans
l’année examinée, aucune complication neurologique sérieuse n’a
été signalée.
AGE
MOYEN DES PATIENTS 38 (30-46)
- COMPLICATIONS LORS DE MANIPULATIONS LOMBAIRES
175 patients soit 1 : 1955 se sont plaints, après
manipulation lombaire, d’une augmentation des douleurs.
17 patients soit 1 : 20125 ont montré, en plus
d’une recrudescence des douleurs, un déficit sensitif et moteur avec
une répartition segmentaire évidente.
AGE MOYEN : 44,6 (32-58)
9 des 17 patients ont développé un syndrome
radiculaire progressif avec une hernie discale radiologique. Ces
patients ont été opérés.
- DISCUSSION
Il est cependant évident que les techniques de
mobilisation amènent de bons résultats thérapeutiques. Ceci explique
leur utilisation de plus en plus fréquente.
Les études actuellement faites permettent de
constater qu’une manipulation cervicale sur 16761 conduit à un problème
neurologique.
Les standards internationaux recommandent d’éviter
toute manipulation cervicale conduisant simultanément en :
ROTATION, EXTENSION ET TRACTION de la colonne cervicale.
Le moindre doute doit conduire à l’utilisation de
techniques sans impulsion ou de TNM.
L’analyse des complications de manipulations
lombaires conduit à des considérations différentes. La plupart des
patients chez lesquels sont intervenues des complications souffraient
depuis plusieurs années de douleurs lombaires récidivantes et ont été
traités avec succès par manipulation. Il ne peut être établi avec
certitude si les mobilisations avec impulsion ont été le « catalyseur »
ou le facteur déclenchant de la complication discale. Il ne peut également
pas être établi si ces patients auraient de toute façon développé
une pathologie méritant la chirurgie.
L’étude rétrospective citée ne signale aucun cas
de complication suite à une mauvaise indication telle que néoplasie,
ostéoporose, malformation ou problèmes de coagulation.
En tant que physiothérapeutes, nous devons nous
assurer que de telles pathologies ne sont pas présentes avant de
manipuler.
CONCLUSION :
1 complication cervicale en 47 ans de manipulations
1 complication lombaire en 38 ans de manipulation
POURTANT S’ASSURER DE L’INEXISTENCE D’ UN
DIAGNOSTIC D’EXCLUSION.
Bibliographie : auprès de raymond.mottier@crr-suva.ch
Raymond Mottier
Responsable de formation pour les séminaires romands
de la SAMT/SSTM
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