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EVOLUTION DES SURFACES ARTICULAIRES SACRO-ILIAQUES EN   FONCTION DE L’AGE

L’articulation sacro-iliaque est une diarthrose qui, cependant, fonctionne comme une amphiarthrose (articulatio mobilitatis minimae) du fait de la forme anatomique des surfaces articulaires.

 

MICRO-ANATOMIE DE L’ARTICULATION

 

L’épaisseur du cartilage comporte, au niveau du sacrum 2 à 3 mm et au niveau de l’iliaque au maximum 1,5 mm. Les cartilages des deux partenaires articulaires sont fondamentalement différents. La surface articulaire du sacrum porte un cartilage hyalin. La matrice de base du cartilage des faces sacrées apparaît homogène avec peu de tissu fibreux, à l’exception des régions atteintes d’une dégénérescence. La matrice de base du cartilage iliaque montre, quant à lui, d’épais faisceaux de fibrilles collagènes. Le cartilage iliaque est donc fibrocartilagineux.

 

Divers auteurs se sont attachés à décrire l’évolution ontogénétique du cartilage sacro-iliaque :

 

1ère DECADE :

Chez les enfants, le cartilage sacré est 3 à 4x plus épais que celui de l’os iliaque. Sur les surfaces sacrées, on retrouve une liaison ostéo-cartilagineuse ressemblant à celle du plateau vertébral ou de la symphyse pubienne. La capsule est bien développée. Il existe une grande liberté de glissement dans tous les sens.

 

2ème DECADE :

Sous la surface articulaire, on trouve, sur les deux faces articulaires, un cartilage de conjugaison orienté perpendiculairement à l’interligne articulaire. Dans ce cartilage, on trouve des modifications importantes qui n’ont rien à voir avec la croissance mais qui sont liées à des micro lésions mécaniques d’un cartilage en état de croissance.

 

3ème DECADE :

Les processus de croissance se terminent plus tôt sur le sacrum que sur l’os iliaque. C’est seulement durant cette période que la surface iliaque devient convexe et que la face sacrée prend sa forme correspondante donc concave. Au niveau microscopique, les couches profondes ne changent pas histologiquement.  En surface toutefois, apparaissent des petites déchirures avec une fibrose et des érosions, surtout sur la face iliaque.

 

4ème DECADE :

La capsule continue de s’épaissir avec une augmentation du matériel fibreux sur les couches synoviales et une diminution de la vascularisation. Microscopiquement, la surface articulaire devient irrégulière avec une couche interrompue de cellules oblongues et plates. Sur la face iliaque, le cartilage présente des concrétions en faisceaux d’un grand nombre de chondrocytes. Le cartilage hyalin sacré paraît inchangé. On trouve de discrètes fibroses sur les bords de la surface articulaire. Sur la face sacrée, se développent des ostéophytes marginaux. L’interligne contient un tissu jaunâtre  floconneux et  amorphe. Malgré une perte d’élasticité, la mobilité est encore bonne.

 

 

 

 

5ème DECADE :

Les processus dégénératifs sont de plus en plus visibles. On observe des irrégularités et des érosions. La face iliaque est  davantage touchée. Le cartilage perd en épaisseur. La matrice de base montre une infiltration de tissu fibreux. Dès la 5ème décade, 85% des hommes et 50% des femmes portent des ostéophytes sur les faces articulaires de la sacro-iliaque.

 

6ème DECADE :

La capsule et sa synoviale s’épaississent encore et deviennent de plus en plus rigides. La face iliaque, particulièrement, perd son cartilage de façon importante avec, en partie, apparition de l’os sous cette couverture. A nouveau, la face iliaque est plus touchée que la face sacrée. Les ostéophytes croissent et commencent à fusionner dans l’interligne articulaire. La mobilité diminue considérablement. 60% des hommes mais seulement 15% des femmes montrent une ankylose subtotale à totale.

 

7ème DECADE :

L’épaisseur du cartilage diminue des deux côtés. Les érosions découvrent partiellement l’os. La couche restante de cartilage est nécrosée. Le cartilage devient de plus en plus irrégulier et les fibres collagènes augmentent. Des dégénérescences fibreuses lient les surfaces articulaires entre elles.

Jusqu’à 70% des articulations sont complètement ankylosées. On constate des calcifications des insertions capsulaires sur les deux surfaces articulaires.

 

8ème DECADE :

La perte de mobilité est pratiquement totale en raison du développement des ostéophytes. L’ankylose est souvent due à une construction d’un pont fibreux intra articulaire. L’os sous-chondral apparaît atrophié et aminci.

 

 

Traduction, adaptation et extraits de l’ouvrage « Manuelle Medizin, Diagnostik » de Jiri Dvorak et alt., Georg Thieme, 1997

Bibliographie complémentaire auprès de raymond.mottier@crr-suva.ch