LE SYNDROME DE MAIGNE : MYTHE OU
REALITE ?
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LE SYNDROME DE LA
CHARNIERE THORACO-LOMBAIRE OU DYSFONCTION
D12/L1 OU SYNDROME DE MAIGNE
D’après H.-D. Wolff,
dans « Neurophysiologische Aspekte des Bewegungssystems »,
Springer 1996
Traduction et adaptation
française : Raymond Mottier
Il est indiscutable,
selon divers auteurs, que le syndrome, que Maigne a décrit plusieurs
fois (1979, 1986, 1989), a une grande signification pratique.
Cette région de
transition possède une grande signification au niveau de la mécanique
articulaire (comme toutes les régions charnières d’ailleurs). Comme
toutes ces régions, elle subit d’importantes contraintes mécaniques.
Dans ce segment D12/L1,
se rencontrent des art. intervertébrales radicalement différentes. En
effet, les articulaires supérieures ont les caractéristiques des
articulaires thoraciques et les articulaires inf. celles des
articulaires lombaires. Il convient de voir, également, que la colonne
thoracique, fixée par le grill thoracique, rencontre la colonne
lombaire très mobile.
Les articulaires supérieures
ont une préférence pour l’inflexion latérale et la rotation alors
que la partie caudale est plus adaptée à la flexion et l’extension.
Ces caractéristiques mécaniques de semi-cardan posent des exigences
particulières à la musculature de cette région.
Des charges excessives
sont exercées sur cette charnière lors du jeu de tennis (service) ou
lors de gestes propres à la pratique du football. Ainsi, c’est dans
ces activités sportives que l’on rencontre, le plus souvent, des
dysfonctions à ce niveau.
Si les cas aigus ne
posent pas de gros problèmes diagnostics, il n’en va pas de même
pour les cas chroniques du fait que la symptomatologie référée se
situe assez loin en périphérie et ne donne, de prime abord, aucune
indication quant à une pathologie de la charnière thoraco-lombaire.
Les patients se
plaignent :
-
de douleurs inguinales s’étendant à la région génitale
-
de pubalgies
-
de douleurs sur les faces externes de la hanche et de la
cuisse.
La recherche des paresthésies
révèle une hyperalgésie et une hyperesthésie dans le dermatome L1
surtout au niveau du pli inguinal. Le dermatome s’étend, parallèlement
au ligament inguinal, sur une largeur correspondant à celle d’une
main, de l’épine iliaque antéro-supérieure vers la symphyse
pubienne. Il s’agit des ramifications des rameaux ventraux du nerf
spinal de L1. Elles correspondent aux nerfs génito-fémoral et
ilio-inguinal qui, ensembles, croisent, à la hauteur de l’apophyse
transverse de L1, le muscle érecteur du tronc. Comme 3ème
rameau, on trouve l’ancien nerf intercostal qu’est le nerf
ilio-hypogastrique, non pas dans le pli inguinal, mais, après le
passage de la crête iliaque, en direction du grand trochanter. C’est
là qu’il innerve une aire de la largeur d’une main sur la face
externe de la cuisse. En amont, divergent des branches plus courtes qui
conduisent des afférences sensitives à partir du moyen fessier et du
tenseur du fascia lata.
Le rameau dorsal de ce
nerf spinal atteint son territoire cutané au-dessus de la charnière
lombo-sacrée, sur une aire de la largeur d’une main située entre une
ligne réunissant les deux crêtes iliaques et une ligne réunissant les
deux épines iliaques postéro-supérieures.
L’étendue des
territoires d’innervation de ces trois nerfs fait que la
symptomatologie qui en résulte ne conduit pas à penser à un problème
situé au niveau de la charnière thoraco-lombaire. De ce fait, les
patients concernés sont traités pour des pseudopubalgies, des
pseudocoxaalgies ou des pseudoméralgies mais sans succès.
Le fait de
penser à ce diagnostic prévient l’erreur. Différents auteurs préconisent
la recherche systématique des paresthésies du pied au pli inguinal.
Suit alors l’examen
manuel de la charnière thoraco-lombaire et la palpation du muscle érecteur
du tronc au niveau de la transverse de L1. C’est là que l’on
retrouve, à la pression, une douleur circonscrite. Celle-ci est plus
marquée que l’éventuelle douleur provoquée par un ressort de D12 et
de L1.
Ni l’examen de la mobilité passive, ni
l’imagerie radiologique ne contribuent à la confirmation du
diagnostic.
Il faut cependant
retenir que des hyperesthésies et des hyperalgésies, dans la région
inguinale, se retrouvent assez fréquemment chez des patients ne présentant,
actuellement, aucune symptomatologie. Les dermatomes de D12 et L1 sont
souvent hyperesthésiques. Un diagnostic clair n’est établi
que lorsque :
-
en accord avec l’anamnèse et le tableau clinique, le
bord latéral du muscle érecteur du tronc, à la hauteur de la
transverse de L1, est clairement plus douloureux à la pression que son
voisinage
-
des hyperesthésies marquées sont présentes dans les
dermatomes ventraux et dorsaux D12/L1 et dans les territoires
d’innervation du nerf ilio-hypogastrique.
Il est remarquable de constater que les
dysfonctions articulaires sont rares.
De façon générale, le
tableau clinique comporte des signes de « douleurs des récepteurs ».
Dans certains cas, on trouve, dans les territoires d’innervation du
nerf ilio-hypogastrique, sur la face latérale de la cuisse, des paresthésies
à caractère de causalgie. Celles-ci ont plutôt les caractéristiques
de douleurs neurogènes. La localisation de l’irritation peut être
supposée à l’endroit où les trois nerfs passent l’origine du
fascia lombo-thoracique. En ce qui concerne le nerf ilio-hypogastrique,
il existe un risque supplémentaire de compression à l’endroit où il
passe par-dessus la crête iliaque, là où il est fixé, immédiatement
sous la peau, par une bride conjonctive. Il est si superficiel, à
cet endroit, qu’il pourrait être comprimé par une ceinture de
pantalon trop serrée.
TRAITEMENT
En- dehors des thérapies
se servant d’anesthésiques locaux par injection, différents auteurs
préconisent :
-
LES TECHNIQUES NEURO-MUSCULAIRES
-
LE MASSAGE DE LA REGION THORACO-LOMBAIRE |