SLR
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Straight leg raising (SLR) – Lasègue – Qui est quoi ?
Il est ici rendu compte et discuté d’un article de L. Jörger publié dans « Manuelle Therapie » 5 2001 s’intitulant : « Straight leg raising – Lasègue – Wer ist was ? »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il s’agit, ici, plus de  savoir si la manoeuvre  de la flexion de hanche, genou en extension a un sens pour poser un diagnostic de radiculalgie  plutôt que de se demander s’il faut choisir la dénomination manœuvre de Lasègue ou SLR.

Ce qui ressort clairement c’est que les termes positifs/négatifs ne sont, dans ce contexte,  pas adéquats.

 

C’est bien en 1881 qu’un élève de Lasègue attribue la paternité de ce test à son maître, dans un travail de doctorat.

 

On doit l’extension du test avec une flexion de nuque à Neri en 1916 et l’ajout de la flexion dorsale du pied à Bragard en 1928.

 

L’expression SLR est amenée par le concept Maitland.

 

De façon générale, on constate que la littérature concernant cette problématique utilise très souvent un mélange de ces 2 expressions.

Ce qui  ressort clairement de la littérature actuelle c’est  qu’une radiculalgie ne peut être due à une irritation mécanique seulement. Il est ainsi clair qu’un test comme le SLR/Lasègue n’est pas en mesure de permettre un diagnostic différentiel suffisant. J’en veux ici pour preuve les multiples interprétations de ce test que l’on trouve dans la littérature.

 

L’étude de Smith en 1993 montre que la manœuvre discutée provoque une amplitude de mouvement au niveau des racines :

De L4 de 1,4 mm

De L5 de 2,1 mm

De S1 de 2,5mm

 

On constate aussi que la tension augmente plus au niveau de la dure-mère  qu’au niveau de la racine. La tension est mesurable jusqu’au niveau intra-thécal.

 

Le SLR/Lasègue est-il pertinent pour diagnostiquer une protrusion discale ?

 

Les réponses vont de l’affirmatif à l’hésitant et même au contradictoire.

Une étude auprès de 403 patients, en  1985, de  Kortelainen montre que la réponse à ce test constitue plutôt un signe aspécifique d’une irritation radiculaire. Toutefois, lorsque le mouvement est limité à 30°, on a plus souvent constaté des lésions discales basses.

Charnley montre « qu’in tabula » la tension sur les racines augmente à partir de 45° de flexion de hanche.

Shiqing en 1987 montre une sensitivité du test de l’ordre de 88,5% grâce à la  comparaison avec le diagnostic per-opératoire.

Thelander 1992, mène à terme une étude intéressante, grâce à l’imagerie moderne.  Ses travaux montrent qu’un traitement conservateur n’a amené une diminution du SLR/Laségue que dans des cas de protrusions de morphologie très pointue. Un contrôle au CT Scan après 24 mois indique qu’il n’y a pas de corrélation entre la  diminution du volume de la protrusion et les résultats des tests.

 

Plusieurs études montrent que la composante de compression seule ne provoque probablement qu’une  paresthésie mais pas la vive douleur irradiante.

 

C’est le sujet des dernières et des prochaines années ! Cause des douleurs : réactions biochimiques, autoimmunes, troubles de la microcirculation

 

On peut rappeler ici l’étude de Jensen et Wiesel 1994 : dans une population asymtomatique on trouve une protrusion discale chez 50% des examinés.

 

 

HYPOTHESE

 

! la diminution de la douleur post discectomie serait  liée non à la suppression de la compression mécanique mais à l’amélioration de la conduction nerveuse libérée des irritations bio-chimiques (à revoir) !

 

DISCUSSION

 

L’auteur précise que la seule provocation mécanique par le test discuté ne peut  pas satisfaire à l’exigence de pouvoir différencier les nombreux tableaux cliniques que les connaissances récentes au sujet de la douleur permettent d’imaginer.

Il lui semble qu’un tel test ne satisfait pas aux exigences des nombreux dérangements histochimiques possibles.

Il suggère toutefois que l’on pourrait se laisser guider encore par l’affirmation de Stoddard en 1959 « Lorsque le Lasègue est positif à 30°, le traitement sera difficile, les chances de succès moins bonnes. »Il ne précise pas pour quel type de traitement conservateur ou chirurgical !

Les résultats divergent au sujet de la valeur diagnostique du test et exigent des compléments cliniques.

Dans le cas de la manœuvre de Lasègue, l’appréciation positif/négatif devrait être évitée. Elle est insuffisamment différenciée. Le bon examen clinique considérera bien la quantité de mouvement  mais aussi sa qualité et essaiera de mettre le tableau clinique en corrélation avec les plaintes du patient.

La seule étude qui montre que la taille et la situation d’une protrusion peuvent être diagnostiquées par le SLR/Lasègue est celle de Shiqing 1987. L’étude de Jonsson et Stromquist de 1995 montre que ce test reproductible est utilisable pour l’évaluation de la plainte douloureuse et comme moyen de contrôle des effets du traitement.

 

Reste la nomenclature :

 

Maitland propose SLR (straight leg raising). Cette expression est reprise par les collègues germanophones qui toutefois commencent à la germaniser en  lui préférer l’expression GBA (gestrecktes Bein Anheben). Qu’allons- nous faire ? Garder notre Lasègue en lui enlevant le positif/négatif ou nous angliciser comme les écoles primaires zurichoises ?