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Il s’agit, ici, plus de savoir si
la manoeuvre de la flexion de hanche, genou en extension a un sens pour
poser un diagnostic de radiculalgie plutôt que de se demander s’il faut
choisir la dénomination manœuvre de Lasègue ou SLR.
Ce qui ressort clairement c’est
que les termes positifs/négatifs ne sont, dans ce contexte, pas adéquats.
C’est bien en 1881 qu’un élève de
Lasègue attribue la paternité de ce test à son maître, dans un travail de
doctorat.
On doit l’extension du test avec
une flexion de nuque à Neri en 1916 et l’ajout de la flexion dorsale du
pied à Bragard en 1928.
L’expression SLR est amenée par le
concept Maitland.
De façon générale, on constate que
la littérature concernant cette problématique utilise très souvent un
mélange de ces 2 expressions.
Ce qui ressort clairement de la
littérature actuelle c’est qu’une radiculalgie ne peut être due à une
irritation mécanique seulement. Il est ainsi clair qu’un test comme le
SLR/Lasègue n’est pas en mesure de permettre un diagnostic différentiel
suffisant. J’en veux ici pour preuve les multiples interprétations de ce
test que l’on trouve dans la littérature.
L’étude de Smith en 1993 montre
que la manœuvre discutée provoque une amplitude de mouvement au niveau des
racines :
De L4 de 1,4 mm
De L5 de 2,1 mm
De S1 de 2,5mm
On constate aussi que la tension
augmente plus au niveau de la dure-mère qu’au niveau de la racine. La
tension est mesurable jusqu’au niveau intra-thécal.
Le SLR/Lasègue est-il pertinent pour diagnostiquer
une protrusion discale ?
Les réponses vont de l’affirmatif
à l’hésitant et même au contradictoire.
Une étude auprès de 403 patients,
en 1985, de Kortelainen montre que la réponse à ce test constitue plutôt
un signe aspécifique d’une irritation radiculaire. Toutefois, lorsque le
mouvement est limité à 30°, on a plus souvent constaté des lésions
discales basses.
Charnley montre « qu’in tabula »
la tension sur les racines augmente à partir de 45° de flexion de hanche.
Shiqing en 1987 montre une
sensitivité du test de l’ordre de 88,5% grâce à la comparaison avec le
diagnostic per-opératoire.
Thelander 1992, mène à terme une
étude intéressante, grâce à l’imagerie moderne. Ses travaux montrent
qu’un traitement conservateur n’a amené une diminution du SLR/Laségue que
dans des cas de protrusions de morphologie très pointue. Un contrôle au CT
Scan après 24 mois indique qu’il n’y a pas de corrélation entre la
diminution du volume de la protrusion et les résultats des tests.
Plusieurs études montrent que la
composante de compression seule ne provoque probablement qu’une
paresthésie mais pas la vive douleur irradiante.
C’est le sujet des dernières et
des prochaines années ! Cause des douleurs : réactions biochimiques,
autoimmunes, troubles de la microcirculation
On peut rappeler ici l’étude de
Jensen et Wiesel 1994 : dans une population asymtomatique on trouve une
protrusion discale chez 50% des examinés.
HYPOTHESE
! la diminution de la douleur post
discectomie serait liée non à la suppression de la compression mécanique
mais à l’amélioration de la conduction nerveuse libérée des irritations
bio-chimiques (à revoir) !
DISCUSSION
L’auteur précise que la seule
provocation mécanique par le test discuté ne peut pas satisfaire à
l’exigence de pouvoir différencier les nombreux tableaux cliniques que les
connaissances récentes au sujet de la douleur permettent d’imaginer.
Il lui semble qu’un tel test ne
satisfait pas aux exigences des nombreux dérangements histochimiques
possibles.
Il suggère toutefois que l’on
pourrait se laisser guider encore par l’affirmation de Stoddard en 1959
« Lorsque le Lasègue est positif à 30°, le traitement sera difficile, les
chances de succès moins bonnes. »Il ne précise pas pour quel type de
traitement conservateur ou chirurgical !
Les résultats divergent au sujet
de la valeur diagnostique du test et exigent des compléments cliniques.
Dans le cas de la manœuvre de
Lasègue, l’appréciation positif/négatif devrait être évitée. Elle est
insuffisamment différenciée. Le bon examen clinique considérera bien la
quantité de mouvement mais aussi sa qualité et essaiera de mettre le
tableau clinique en corrélation avec les plaintes du patient.
La seule étude qui montre que la
taille et la situation d’une protrusion peuvent être diagnostiquées par le
SLR/Lasègue est celle de Shiqing 1987. L’étude de Jonsson et Stromquist de
1995 montre que ce test reproductible est utilisable pour l’évaluation de
la plainte douloureuse et comme moyen de contrôle des effets du
traitement.
Reste la nomenclature :
Maitland propose SLR (straight leg
raising). Cette expression est reprise par les
collègues germanophones qui toutefois commencent à la germaniser en lui
préférer l’expression GBA (gestrecktes Bein Anheben). Qu’allons- nous
faire ? Garder notre Lasègue en lui enlevant le positif/négatif ou nous
angliciser comme les écoles primaires zurichoises ?
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