TM-UPDATES2000 
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Le récent congrès commun de la SAMM/SMSMM et de la SAMT/SSTM à Interlaken (30.11 et  01.12.00) nous a permis de prendre connaissance des notions médicales et thérapeutiques les plus actuelles dans le contexte de la thérapie manuelle. Vous trouverez, dans cet article, quelques infos flashes et des  résumés d’une partie des différents sujets présentés. Vous pourrez obtenir de plus amples informations auprès de raymond.mottier@crr-suva.ch.

 

Histoire :

 

A propos de la symptomatologie liée à la hernie discale, il est rappelé que le signe de Lasègue (1816-1881) a été décrit, pour la première fois, par JJ Forst dans une thèse publiée en 1881.

 

Nucleus pulposus :

 

Est souligné, dans divers exposés, le fait que la matière composant le noyau pulpeux du disque possède un effet auto-aggressif sur les terminaisons nerveuses ainsi qu’un effet délétère sur la conduction nerveuse des petites terminaisons nerveuses.

 

Plasticité neuronale et douleur :

 

Les travaux de Birbaumer et Schmid (1999), évoqués lors de ce congrès, soulignent que la plasticité neuronale ne se manifeste pas uniquement lors des mécanismes d’apprentissage mais également lors de la perception de douleurs (mémoire de la douleur).

 

Altérations morphologiques et douleurs :

 

Le Prof Boos (ZH) souligne qu’il n’existe que rarement une corrélation entre des altérations morphologiques et l’apparition de rachialgies.

 

Sur 63 patients asymptomatiques :

-         10% présentent une sténose foraminale

-         60% une dégénérescence discale

 

Les grosses hernies discales sont rares et les petites ne causent que rarement des douleurs. Ce n’est pas la taille de la hernie qui est déterminante mais bien plutôt le volume disponible.

 

Le signe radiologique d’une érosion des plateaux vertébraux (Modic Veränderungen) constitue un facteur prédictif négatif très important en terme d’apparition de douleurs (100%).

Très peu de patients montrant une altération de ce type sont asymptomatiques.

 

Dans l’étude publiée dans « Spine 25 » en 2000, Boos et alt relèvent  que les facteurs prédictifs négatifs les plus clairs chez des sujets asymptomatiques présentant une altération discale sont : l’inactivité, l’insatisfaction au travail, certaines caractéristiques physiques du travail (vibrations, charges lourdes etc) et le travail par équipes.

 

 

Nous reviendrons prochainement sur l’étude de Boos et alt..

 

Mouvements intervertébraux lors de mobilisations passives :

 

Lors de cette présentation, il s’agissait de  rapporter un travail souhaitant examiner les hypothèses formulées par la thérapie manuelle, à savoir la possibilité de mobiliser réellement les articulations intervertébrales par une intervention externe.

Les mesures électromagnétiques ont été effectuées sur un sujet sain, in vivo et à l’aide d’une méthode invasive utilisant des broches de Kirschner.

Les mouvements ont été mesurés entre L3 et L4.

Résultats :

-         les vertèbres bougent lors de mobilisations passives

-         la translation et la rotation sont mesurables

-         il n’y a pas de translation pure lors de mobilisations bilatérales

-         le déplacement provoqué est proportionnel à la force appliquée

-         par rapport à des mouvements fonctionnels, les mouvements induits par la mobilisation passive sont petits.

 

 

 

Enfin, il faut souligner la présentation de la Dresse Anne F. Mannion qui a présenté les résultats d’une étude visant à démontrer les effets de thérapies actives, en cas de dorso-lombalgies chroniques, sur la structure et la fonction musculaires.

 

Introduction : cette recherche effectuée, en 2000, par le « Spine Unit Research Group » de la Schultess Klinik de ZH débute en constatant que la diminution des capacités physiques en cas de dorso-lombalgies chroniques est bien documentée. Elle constate également que l’effet des thérapies actives sur la structure et la fonction de la musculature dorsale, lui, n’est pas suffisamment documenté. Ce constat vaut également pour la relation entre le résultat clinique et les changements observés dans la musculature.

 

Méthode : l’étude a concerné 148 patients dont 57% de femmes. Trois groupes ont été formé. Les techniques utilisées ont été la physiothérapie active, l’entraînement avec des engins et les exercices aérobiques « low-impact ».

Les bilans initiaux et finaux ont été effectués (liste non exhaustive) à l’aide de mesures de force, du test de Biering-Sörensen, de tests de fatigabilité à l’aide d’un EMG de surface. Un sous-groupe a été évalué par IRM et biopsie au niveau de la musculature para-spinale. Les douleurs ont été mesurées à l’aide de l’échelle analogique et du questionnaire « Roland & Morris).

 

Résultats : 132 patients sont arrivés au terme de l’étude. Dans chacun des groupes, il a été constaté une amélioration de la force statique dans toutes les directions. Le plus grand progrès est noté dans le groupe soumis à l’entraînement avec des engins. L’activation de l’érecteur du rachis a été également améliorée dans les trois groupes. L’endurance s’est améliorée pour tous mais pas la fatigabilité mesurée à l’aide de l ‘EMG de surface. Il n’a pas été noté de changements dans la répartition des fibres musculaires qui pourraient expliquer l’amélioration de la force musculaire.

 

Conclusions : dans tous les groupes on a constaté une amélioration de la fonction musculaire qui n’a toutefois pas pu être mise en relation avec des changements dans la structure des muscles. Les progrès constatés doivent, semble-t-il et du moins partiellement, être mis sur le compte d’un changement de l’activation neuronale. D’autres facteurs tels que la motivation,  la diminution de l’anxiété et l’augmentation de la tolérance de la douleur doivent également avoir contribué à l’amélioration des capacités fonctionnelles.

 

Questions  et commentaires:  suite aux questions posées par quelques participants, il est clairement ressorti que l’intensité de l’entraînement effectué ne pouvait peut-être pas conduire à des changements dans la structure musculaire et que, d’autre part, la durée totale de l’entraînement effectué ne suffisait probablement pas à induire de tels changements.